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Recloses, mon village du Gâtinais français

Histoire du village à travers les âges

L’essor du tourisme à Recloses dans les années 1920 / 1930 et son impact sur l’évolution de la population du village

1ère partie

Le graphique ci-dessous illustre le déclin de la population à Recloses au 19ème siècle et la reprise amorcée à compter des années 1920.

Evolution de nombre d'habitants à Recloses de 1800 à 2020

Evolution de nombre d'habitants à Recloses de 1800 à 2020

Ce graphique montre clairement trois étapes :

  1. A la fin du 18ème siècle Recloses est un village prospère, actif et très peuplé. Dans sa monographie rédigée vers 1900, l’instituteur Perrotin note que sa population atteint même 936 habitants en 1794 ! Cette situation est le reflet d’une forte activité économique. Le commerce des produits agricoles et forestiers, largement tourné vers Fontainebleau et même Paris, est actif et concerne de nombreux produits : vin, asperges, pommes de terre, autres fruits et légumes, produits laitiers, volailles, bois, sans oublier le grès (pour la construction des maisons et des pavés) et le sable.

    En même temps, un tourisme de proximité se développe qui voit des touristes venir se détendre voire séjourner à Recloses, à l'image de La dame de Recloses, l'héroïne du roman de Maxime de Formont évoquée dans l'introduction de ce blog.

     
  2. Puis entre 1840 et 1920, Recloses connait une chute brutale de sa population qui passe de 800 à 400 habitants. Les principales raisons en sont :
     
    • la crise du phylloxera qui détruisit les vignes de Recloses à la fin du 19ème siècle alors que celles-ci en étaient l’activité principale depuis le Moyen-Age. L’ouvrage d’Eugène Thoison « La Viticulture en Gâtinais, étude historique et statistique », publié en 1900, confirme l’ancienneté de cette activité et son importance pour un village peuplé de nombreux vignerons.
       
    • la lente disparition des carrières d’exploitation du grès dans la forêt de Fontainebleau ; en 1846, 20% des 340 carriers travaillant dans la forêt de Fontainebleau et ses alentours habitaient encore à Recloses ! voir le graphique ci dessous.
       
    • la concurrence des produits agricoles importés d’autres régions de France rendue possible par le développement du train et à une expansion massive du réseau ferré qui passe de moins de 600 km en 1841 à près de 40 000 km à la veille de la Première Guerre mondiale.
       
    • Et bien sûr la guerre de 1914 / 1918...
       
Image extraite du blog de Patrick Dubreucq : carrières et carriers de grès du massif de Fontainebleau et des alentours

Image extraite du blog de Patrick Dubreucq : carrières et carriers de grès du massif de Fontainebleau et des alentours

3. Enfin, à partir de 1920 un renversement s’opère et la courbe du nombre d’habitants à Recloses s’inverse et repart à la hausse jusque vers 1960 où elle atteint un plafond à environ 500 habitants, avant de repartir de plus belle en 1980.

Si le retour d’une certaine prospérité économique (la Belle époque) en est la cause principale, il apparait que le développement du tourisme à Recloses joue un rôle important dans cette reprise.

La présence des artistes, déjà bien implantés à Recloses dans les années 1920, est connue. Dans leur livre « Villages d’art en forêt de Fontainebleau, Recloses » Colette et Etienne Bidon consacrent plusieurs pages à ces artistes. Certains y firent une halte et y posèrent leur chevalet. D'autres y séjournèrent un moment comme le peintre Soutine. Certains y résidèrent régulièrement comme le poète Paul Fort ou le peintre Jean-Charles Cazin. Nous en reparlerons.

Etrangement, Colette et Etienne Bidon se bornent à évoquer, sans plus de détails, le nom d’un autre de ces artistes installés à Recloses : le peintre Philippe Smit. C’est dommage car ce peintre, à partir de 1913, séjourne et peint régulièrement à Recloses, « village dont lui-même et ses mécènes hollandais (les époux Urban) sont tous fous ».

Les Urban finirent même par acheter une maison en 1922, rue Sainte Reine. En réalité si l’on en croit le site internet officiel consacré à Philippe Smit c’est Madame Urban qui en fit l’acquisition pour sa fille. Un atelier y fut aménagé pour l'artiste, qui y effectuait régulièrement de très longs séjours. La maison appartient toujours aujourd’hui à l’une de ses descendantes.

De son vivant la plus grande partie des œuvres de Philippe Smit ont été achetées, année après année, par son mécène américain. Aujourd’hui elles sont conservées dans de prestigieuses collections, notamment au musée d’Orsay à Paris ou au musée de Giverny. Je compte bien approfondir mes recherches sur ce que j’appellerai le « mystère Philippe Smit » à Recloses.

Philippe Smit à Recloses

Philippe Smit à Recloses

En conclusion, je dirai que tous ces artistes de la Belle Epoque ont contribué à faire connaître Recloses. Ils ont ouvert la voie à une nouvelle population dans le village, celle des « parisiens ». Attirés par l’authenticité du village et de ses habitants, ainsi que par sa nature préservée, ils furent plusieurs à s’y implanter et pour certains à s’enraciner à Recloses surtout dans les années 1950 / 60. C’est ce que nous verrons dans la 2ème partie de cet article.

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