Histoire du village à travers les âges
25 Octobre 2026
1ère partie
Le graphique ci-dessous illustre le déclin de la population à Recloses au 19ème siècle et la reprise amorcée à compter des années 1920.
Ce graphique montre clairement trois étapes :
Image extraite du blog de Patrick Dubreucq : carrières et carriers de grès du massif de Fontainebleau et des alentours
3. Enfin, à partir de 1920 un renversement s’opère et la courbe du nombre d’habitants à Recloses s’inverse et repart à la hausse jusque vers 1960 où elle atteint un plafond à environ 500 habitants, avant de repartir de plus belle en 1980.
Si le retour d’une certaine prospérité économique (la Belle époque) en est la cause principale, il apparait que le développement du tourisme à Recloses joue un rôle important dans cette reprise.
La présence des artistes, déjà bien implantés à Recloses dans les années 1920, est connue. Dans leur livre « Villages d’art en forêt de Fontainebleau, Recloses » Colette et Etienne Bidon consacrent plusieurs pages à ces artistes. Certains y firent une halte et y posèrent leur chevalet. D'autres y séjournèrent un moment comme le peintre Soutine. Certains y résidèrent régulièrement comme le poète Paul Fort ou le peintre Jean-Charles Cazin. Nous en reparlerons.
Etrangement, Colette et Etienne Bidon se bornent à évoquer, sans plus de détails, le nom d’un autre de ces artistes installés à Recloses : le peintre Philippe Smit. C’est dommage car ce peintre, à partir de 1913, séjourne et peint régulièrement à Recloses, « village dont lui-même et ses mécènes hollandais (les époux Urban) sont tous fous ».
Les Urban finirent même par acheter une maison en 1922, rue Sainte Reine. En réalité si l’on en croit le site internet officiel consacré à Philippe Smit c’est Madame Urban qui en fit l’acquisition pour sa fille. Un atelier y fut aménagé pour l'artiste, qui y effectuait régulièrement de très longs séjours. La maison appartient toujours aujourd’hui à l’une de ses descendantes.
De son vivant la plus grande partie des œuvres de Philippe Smit ont été achetées, année après année, par son mécène américain. Aujourd’hui elles sont conservées dans de prestigieuses collections, notamment au musée d’Orsay à Paris ou au musée de Giverny. Je compte bien approfondir mes recherches sur ce que j’appellerai le « mystère Philippe Smit » à Recloses.
En conclusion, je dirai que tous ces artistes de la Belle Epoque ont contribué à faire connaître Recloses. Ils ont ouvert la voie à une nouvelle population dans le village, celle des « parisiens ». Attirés par l’authenticité du village et de ses habitants, ainsi que par sa nature préservée, ils furent plusieurs à s’y implanter et pour certains à s’enraciner à Recloses surtout dans les années 1950 / 60. C’est ce que nous verrons dans la 2ème partie de cet article.